BATAILLE D'AUSTERLITZ. - MÉRIAGE (Louis-Auguste-François Mariage, dit) BATAILLE D'AUSTERLITZ. - MÉRIAGE (Louis-Auguste-François Mariage, dit)

Manuscrit autographe paraphé à chaque page, intitulé « Bataille d'Austrelits », daté « Vienne, 10 janvier [1806] », et illustré d'un plan dessiné original. 41 pp. 1/2 in-folio de texte sur une colonne avec quelques ajouts et corrections, et une p. in-plano de plan. précieux téMoignage écrit à chaud par un héros de la bataille d'austerlitz, officier de l'état-MaJor de soult. Le futur général baron Mériage, alors adjudant-commandant, fut nommé le 1er décembre 1805 sous-chef d'état-major du maréchal Soult au 4e Corps de la Grande Armée. C'est en cette qualité qu'il participa le lendemain à la bataille d'Austerlitz : Soult commandait le centre du dispositif de Napoléon et fut chargé de prendre d'assaut le plateau du Pratzen puis d'écraser au sud les colonnes de Kamenski, en tenaille avec les troupes de davout. Mériage rédigea ce texte à Vienne en janvier 1806, alors qu'il allait être ou venait d'être chargé de mission par Soult dans cette ville. La victoire d'Austerlitz, annoncée dans le 30e Bulletin de la Grande Armée le 3 décembre 1805, ne fit l'objet, sous l'Empire, que de quelques rares témoignages directs : Soult, davout et Murat rédigèrent des rapports circonstanciés, et le maréchal Berthier écrivit une relation empruntant de manière synthétique à ces rapports. Après avoir achevé un premier jet à la fin de mars 1806, il expédia un texte modifié à l'empereur le 1er juillet 1806. Napoléon Ier n'en fut pas entièrement satisfait, demanda à voir les sources originales, et en fit paraître une version définitive à son gré en 1810. le récit de Mériage s'incrit dans le désir collectif des participants à cet éVéneMent Mythique d'en fixer la MéMoire pour la postérité. « Les empereurs de russie et d'autriche étabLirent Le 8 Leur quartier à austreLitz [8 frimaire an XIV, 29 novembre 1805]... L'empereur [Napoléon] fit proposer... à l'empereur de Russie qu'il envoyâ son aide de camp le prince Dolgorouki que l'empereur reçut aux avant-postes ; conversation présomptueuse de ce jeune seigneur, qui finit par proposer de rendre la Belgique, &a. L'empereur au sortir de cette conférence fut reconnaître le terrein. Des avis annonçoient que l'ennemi étoit supérieur en nombre, et néccessitoient de se servir de touts les avantages de positions... La position de l'ennemi nécessitoit divers mouvements nouveaux. Cet art de placer les corps distingue éminemment l'empereur dont les combinaisons sont toujours fort bien calculées pour tous les événements... Du côté de l'armée française, vieux soldats, sous-officiers &a. Du côté de l'armée russe, bandes à demi-sauvages, officiers à peine européanisés, une association sans confiance, sans amitié, deux empereurs qui ne connoissoient point la guerre, contre un héros de la Fortune, porte à prouver que le premier qui fut roy fut un soldat heureux... L'empereur va de nuit voir les bivouacs de l'armée, il est reconnu des soldats qui avec quantité de torches de paille illuminent le camp et dessinent sa position... Le bivouac de l'empereur étoit établi sur une hauteur en avant du village de Schlapanitz. MrsMrs les maux se réunirent autour de lui le 11 à la pointe du jour [11 frimaire an XIV - 2 décembre 1805], reçoivent leur dernier ordre et partent.... L'empereur, le maréchal Berthier, et l'état-mor gal étoient sur une hauteur très apparente à droite de la route de Brunn à Olmutz et qui porte dans le pays le nom de Schweden Schanze, batterie des Suédois. Le feu commença à La droite à huit heures du matin par L'attaque de L'ennemi sur Le viLLaGe de teLnitz que le 3e regt de ligne après une vigoureuse défense fut obligé d'abandonner, le corps du mal Davout n'ayant pu arriver sur ce point assez à temps... La 1ère divon du 4e corps commandée par le gal St-Hilaire, formée en deux colonnes en avant de Pantowitz reçut l'ordre de s'emparer des hauteurs de Pratzen où se trouvait le centre de l'ennemi... L'attaque du pLateau de pratzen par Le GénéraL st-hiLaire se fit avec un ordre admirabLe. Le 10e d'Infie légère aux ordres du gal morand se porte vers la 1ère ligne de l'ennemi, il essuye l'arme au bras le feu le plus vif pendant cent cinquante pas et ne fit en avançant que douze pas de distance, il arrive à cette ligne, l'enfonce, la culbute et va contourner la position ppalle tandis que la brigade du gal thiébaut après avoir chassé l'ennemi du village se hâte de le rejoindre... Une nuée de cosaques couvrait l'avant-garde de l'ennemi et masquoit les dispositions de la cavallerie, cette nuée se dissipe et au même instant que l'artillerie de position commence à faire feu, une charge brillante de cavallerie dirigée par le gal essen se prononce sur nos batteries placées en avant [le général de cavalerie russe Piotr Kirilovitch von Essen]... Étonnés de ce mouvement, deux régiments de Cavalerie légère plient, passent dans les intervalles des bataillons mais se rallient de suite derrière la ligne, l'infanterie reste inébranlable et à mesure qu'elle est démasquée par nos escadrons, elle fait sur la cavallerie ennemie un feu de file tellement vif, tellement nourri que cette cavallerie impétueuse est arrêtée sur la ligne des batteries et laisse un grand nombre de morts entre les pièces... Le pLateau de pratzen sembLait être Le poste d'honneur de L'armée, le gal St-hiLaire l'a enlevé et deffendu pendant cinq heures, seul, ce gal a été blessé, ainsi que les gaux de brigade thiébaut et varré... Quelques traits que l'on pourra citer feront connoître le bon esprit qui dirigeait les troupes... Le sr Labadie adjudt mal du 36e régt craignant que son bon qui se déployait sous un feu très vif d'artillerie et de mousquetterie à trente pas de l'ennemi ne fût ébranlé dans son mouvement, saisit le drapeau du bataillon et s'élance en avant de la ligne à la portée des pistolets de l'ennemi en criant ?soldats, voilà votre ligne de bataille !?... Le corps du maL souLt qui a conquis L'ennemi à pratzen et qui s'est battu avec tant d'opiniâtreté dans Les ravins de soLkoWitz, a eu un nombre considérable de tués et blessés, les troupes de ce corps d'armée ont déployé la plus grande valeur, les officiers de toutes armes ont montré bravoure, sang-froid, intelligence, fermeté et talent distingués, il n'est pas un régiment qui n'ait chargé plus d'une fois, pris des drapeaux, et enlevé des canons à la bayonette... » Mériage a dessiné un superbe plan détaillé du terrain des opérations aVec positions et MouVeMents de troupes : encre et plume, 492 x 410 mm, bords inférieurs un peu froissés.

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