Paul César HELLEU (Vannes 1859 - Paris 1927) Paul César HELLEU (Vannes 1859 - Paris 1927)

Portrait de Madame Chéruit Pastel. Signé en haut à droite Helleu. H_80 cm L_63 cm Provenance: Succession de Madame Chéruit. Bibliographie: R. de Montesquiou, «La femme par Helleu», Le Figaro Illustré, Octobre 1899, p. 221, reproduit. Madame de Watrigant, nous précise qu' «à propos des teintes utilisées dans ce pastel, voici un extrait d'entretien que Helleu a donnée au Evening Telegraph en 1902 lors d'un de ses voyages à New York. «J'utilise beaucoup le beige ou la couleur des feuilles mortes. C'est très artistique et seyant. Cela se marie bien avec les cheveux et le teint. Vous remarquerez que c'est très répandu. Le bleu, quand c'est la couleur des yeux devrait toujours être porté. Uniquement en petites touches, sur le cou ou la gorge.» Voir Mr. Helleu, artist, interview,The Evening Telegraph, 20 décembre 1902. On peut noter également le détail du chapeau de Madame Chéruit surmonté d'une fleur d'hortensia, fleurs dont Helleu raffolait.» Helleu peignit une variante de notre portrait mais ovale où Mme Chéruit est de face dans la même tenue (voir Vente anonyme, Paris, hôtel Drouot, 19 juin 1992 (Mes Couturier et Nicolay), n°44, reproduit). Ce dessin sera inclus dans le catalogue raisonné actuellement en préparation sous le n°PA-5956. Grande figure de la mode, Louise Chéruit fut non seulement une des couturières les plus en vue de sa génération mais aussi une des premières femmes à diriger une grande maison de couture française à vocation internationale dès 1905 et ce jusqu'en 1935. En 1898, elle avait acquis avec une autre couturière, Marie Huet, la maison de couture Raudnitz et Cie où elle avait fait ses débuts. Leur installation en 1900 dans l'hôtel de Fontpertuis, au 21, place Vendôme à Paris et un grand prix remporté à l'Exposition Universelle témoignent de leur succès. Elle habilla les grands noms de la société de l'époque. En 1905, après le départ de Marie Huet, la maison porta le seul nom de Chéruit. Elle diffusa activement ses modèles en collaborant dès 1912 au lancement de «La Gazette du bon ton», élégante revue dirigée par Lucien Vogel où ses modèles furent illustrés par Pierre Brissaud, Brunelleschi et Bernard Boutet de Monvel. Elle fut rapidement rejointe dans ce projet par d'autres grands couturiers parisiens comme Georges Doeuillet, Jacques Doucet, Jeanne Paquin, Paul Poiret, Redfern & Sons, et la maison Worth. Louise Chéruit favorisa et initia les carrières de Lucien Lelong ou Paul Poiret et transforma l'esprit de la haute couture en notion de prêt-à-porter. Paul Poiret évoqua avec délicatesse leur rencontre, en 1898 «Un jour, encouragé par un ami audacieux, je portai des dessins chez Mme Chéruit, qui faisait partie de la maison Raudnitz Soeurs [...] Je n'avais rien vu de plus troublant que cette jolie femme au milieu de tant d'élégances. Elle était telle que l'a décrite et raconté le burin du graveur Helleu [...] Je ne crois pas que Mme Chéruit ait jamais su l'impression captivante qu'elle exerça sur ce jeune gringalet qui lui proposait ses travaux, probablement indignes d'elle, mais elle en fit grand cas, et acheta mes petits croquis, qu'elle paya 20 francs pièce, en m'engageant à revenir. Il y en avait une douzaine. C'était le Pactole» (voir P. Poiret, en habillant l'époque, Paris, 1976, p. 22). Réellement passionné par la beauté des femmes, Helleu tomba sous le charme irrésistible de Madame Chéruit qu'il représenta souvent, en dessin ou en pointesèche. Elle fut l'un de ses modèles favoris. Selon Madame de Watrigant «Helleu, arbitre du bon goût et de l'élégance à Paris, choisissait les toilettes de sa femme chez les plus grand couturiers avec le soin attentif d'un artiste pour lequel la beauté et la mode sont une perpétuelle source d'inspiration. Il exerça une influence positive sur la haute couture en répondant aux demandes que lui faisaient parfois Doucet ou Mme Chéruit, couturière préférée de Madame Helleu. Nous connaissons ainsi de nombreuses oeuvres représentant son épouse Alice Helleu, connue pour son goût et son raffinement, habillée de création de la Maison Chéruit». Nous remercions Madame Frédérique de Watrigant, présidente de l'Association des Amis de Paul-César Helleu pour les informations contenues dans cette notice. «Un souci promené sur un miroir Par des mains hésitantes de malade; Pâles doigts d'une cire où I'on croit voir S'effeuiller le souci d'un jour maussade. Un miroir où du bleu s'estreflété, Sans qu'on sache, après tout, ce qui I'azure; Et le tout moins fini que complété Par un front où s'endort une blessure. Une tête aux cheveux d'ambre roussi Au bleuté du limon mêlé par vagues, Comme un autre abandon d'humain souci Sur I'azur du miroir des rêves vagues.» R. de Montesquiou, «La femme par Helleu», Le Figaro Illustré, Octobre 1899, p. 221, reproduit

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