CANIVET A LA SPHERE Paris, 1767 CANIVET A LA SPHERE Paris, 1767

Lunette astronomique en laiton sur piètement rectangulaire en acajou massif finement travaillé. Signé sur le cercle horizontal "n° 1 Canivet à la Sphère à Paris - 1767". Lunette principale: L: 1625 mm; D: 110 mm - Lunette de recherche: L: 270 mm; D: 22 mm - Avec capuchon en laiton pour l'optique principale de la lunette de recherche - Piètement: H: 1 140 mm - Avec entre les pieds arrière un niveau de 250 mm de long sur 3 lumières, et aux extrémités des 4 pieds, 4 vis de réglage en bronze pour la mise à niveau - Optique de nuit réglable en laiton: L: 280 mm; D: 40 mm - Optique de jour réglable en laiton: L: 550 mm; D: 40 mm - Vis de réglage (en bronze) de la vue de 0 à 70 mm - D de la vue: 50 mm - Graduation double du cercle horizontal en bronze: gradué par partie de 0 à 180° (2 divisions en degré de 0 à 180°) et gradué en chiffres romains pour les 24 heures. Système de réglage double en bronze. Lunette pivotant sur le cercle horizontal sur un axe 360°, avec système de débrayage. Réglage vertical par crémaillère en bronze de 0 à 25 (haut et bas). Monté et descente rapide à la verticale par un système à coulisse en bronze entre les pieds avant (en très bon état de conservation; manque une vis sur le support de la lunette haute). Provenance: Offert par le CEA à son actuel propriétaire. Note: Les instruments anciens d'astronomie n'intéressent pas seulement l'histoire des sciences. Beaucoup d'entre eux sont des oeuvres d'art et des témoignages de la technique de fabrication et du style de décoration de l'époque où ils ont été créés. Celui que nous présentons présente ce double intérêt, aussi pourra-t-il trouver place dans les collections les plus diverses. En France, un certain nombre d'instruments se trouvent aujourd'hui à l'Observatoire de Paris et au Conservatoire des Arts et Métiers. Cet instrument, fabriqué dans l'atelier spécialisé et non moins célèbre de Jacques Canivet, l'a été probablement à la demande ou sur les conseils d'un savant. Dès la pleine époque de la Renaissance, la curiosité de certains riches amateurs pour la mécanique appliquée avait donné naissance aux premières collections de machines. C'est à partir du milieu du XVIIIe siècle que les ateliers ont commencé à se transformer en véritable établissement industriel, en Angleterre puis en France, alors que la mode des cabinets de curiosité ne cessait de se développer et d'évoluer. Les instruments de salon (téléscopes, lunettes, horloges astronomiques, sphères,...) garnissaient les cabinets des châteaux de Versailles, Choisy, La Muette, l'hôtel de Mortagne,... et les ouvrages d'optique émerveillant les convives des soupers donnés par Louis XV. Le meilleur constructeur de l'époque fut sans conteste Claude Langlois, fournisseur habituel des astronomes de l'Observatoire, et qui eut pour successeur Canivet dont la majorité des instruments connus sont datés de 1765. Ce dernier eut lui-même pour successeur en 1774, Lennel. Jacques Canivet (1721-1774), neveu, élève et successeur en 1756 de Claude Langlois en tant qu'Ingénieur en instruments des Mathématiques de Messieurs de l'Académie Royale des Sciences pour les instruments de mathématiques, s'installe place du Marché Neuf en 1743 puis quai de l'Horloge dans l'Ile de la Cité à partir de 1747. A cette date, il prend pour enseigne "à la sphère" précédemment détenue par Jean Chapotot et Jean-Baptiste Lordelle. Louis XV lui commande une trousse de mathématiques pour l'offrir à Euler. Il fournit également nombre d'instruments à l'Observatoire. Les commissaires de l'Académie royale des Sciences chargés d'examiner la machine à diviser qu'il avait faite pour le duc de Chaulnes écrirent: "Tous les atronomes savent que rien n'est plus précieux qu'un instrument bien divisé. Rarement en France a-t-on pu compter plus d'un artiste capable d'y réussir. Depuis Langlois, le sieur Canivet, son neveu et son élève, est le seul à qui l'on puisse avoir recours". Tous ses instruments sont signés "Canivet à la Sphère à Paris" mais c'est la première fois que nous référençons un instument numéroté, de surcroît numéro 1. Les instruments d'apparat s'achetaient chez Canivet et des observatoires particuliers utilisaient également ses instruments. Pièces réfèrencées de Canivet: - Musée du Louvre: un nécessaire de mathématiques dans un coffret daté sur les instruments entre 1761 et 1763 de l'ancienne collection Landau ainsi qu'une boussole d'arpentage à quatre pinnules en laiton. - Niveau à lunettes en bronze et laiton signé Canivet à la Sphère Paris et daté 1771 21 x 39 cm vendu 11 000 (lot 68 Rossini - Paris 13 juin 2002). - Anneau astronomique universel en laiton signé Canivet à la Sphère Paris et daté 1772 Diam 16 cm vendu 14 500 (lot 64 Rossini - Paris 13 juin 2002). Bibliographie: - "Quelques fabricants d'instruments scientifiques anciens" par Maurice Daumas, in Revue d'histoire des sciences et de leurs applications, 1950, Tome 3 n° 4, pp. 364-370. - "Les instruments scientifiques aux XVIIe et XVIIIe siècles" par Maurice Daumas, PUF, 1953. - "Dictionnaire des fabricants français d'instruments de mesure du XVe au XIXe siècle" par Franck Marcelin

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